IA en clinique et documentation au dossier

Révisé et publié parUzziel TamonConsultant en opérations cliniques et fondateur, Teché Consulting
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Le Collège des médecins du Québec a publié en octobre 2026 deux textes sur le choix des outils d’intelligence artificielle et la tenue des dossiers médicaux. Pour une clinique, une question concrète en découle : à quel moment l’usage d’un outil doit-il devenir visible dans le dossier? Publications du CMQ

La réponse commence par ce que l’outil fait réellement. Préparer une note, recevoir des renseignements sur une personne et proposer une investigation sont des usages à distinguer, même lorsqu’ils se trouvent dans le même logiciel.

Repérer les situations à documenter

Dans son texte sur la tenue des dossiers, le CMQ indique qu’il est essentiel de consigner l’utilisation d’un système d’IA lorsque celui-ci accède à des renseignements permettant d’identifier directement ou indirectement un patient, ou contribue au raisonnement clinique pour ce patient. Une consultation d’information générale, sans renseignements relatifs à un patient particulier, n’a pas à être consignée à ce titre.

Les éléments à noter comprennent le nom du système, la date, les principales informations qu’il fournit et, lorsque requis, le consentement. Si une recommandation plausible pouvant avoir une incidence importante est écartée, le CMQ recommande de consigner la décision; selon son impact, les raisons du désaccord peuvent être pertinentes. Tenue des dossiers et IA

Pour l’équipe, je commencerais par un inventaire des fonctions réellement utilisées. Une ligne par fonction suffit pour ouvrir la discussion : qui l’utilise, quelles données y entrent, quel résultat en sort et où ce résultat intervient dans le travail. Le nom commercial du logiciel ne répond pas à ces questions.

Prévoir le parcours propre au scribe

Le CMQ renvoie à ses indications spécifiques pour la rédaction de notes par un scribe IA. Elles prévoient notamment le consentement explicite avant utilisation, la vérification de l’exactitude de la note avant signature et recommandent d’identifier le logiciel. Le CMQ demande aussi de choisir un scribe certifié par le Bureau de certification de Santé Québec. Hors établissement, le médecin doit s’assurer qu’une ÉFVP a été réalisée pour son milieu de travail. Scribe et intelligence artificielle

Une clinique peut traduire ces repères en un parcours simple : la discussion avec le patient, la préparation du brouillon, la révision par le médecin, la signature et l’accès à la note finale. À chaque passage, il faut savoir qui prend la suite et comment une erreur est corrigée.

Je testerais ce parcours avec des scénarios fictifs avant d’en modifier les paramètres. Où apparaît le nom de l’outil? Qui repère une phrase ajoutée à tort? Que voit le prochain professionnel lorsque la note attend encore sa révision? Ces questions permettent de vérifier le fonctionnement du processus sans introduire de données de patients dans un exercice de formation.

Organiser la révision dans le travail quotidien

Une case « révisé » gagne à être accompagnée d’instructions concrètes. L’équipe médicale peut définir les éléments à examiner, la manière de corriger une omission et le circuit d’escalade lorsqu’une sortie demeure incertaine. Le responsable des opérations peut ensuite vérifier que le logiciel, les accès et le temps prévu permettent réellement ce travail.

Je garderais deux supports distincts. Le dossier médical porte l’information utile aux soins. Un registre opérationnel restreint sert à suivre les problèmes de fonctionnement, leur responsable et la prochaine action, en limitant les renseignements personnels au nécessaire. Il ne devrait pas devenir une collection parallèle de conversations ou de dossiers patients.

Revoir le processus lorsque l’outil change

Le texte du CMQ sur le choix des outils prévoit une surveillance dans le temps, notamment lors de changements de version ou de contexte. Il traite aussi du repérage des problèmes, des correctifs et de l’ajustement ou de la suspension d’un usage lorsque les risques le justifient. Choix et surveillance des outils d’IA

Pour rendre ce suivi praticable, je proposerais une courte revue avec un responsable nommé : qu’est-ce qui a changé, quelles étapes sont touchées et que faut-il vérifier avant de poursuivre? La fréquence et les critères devraient être adaptés au risque et définis avec l’équipe médicale.

Le premier livrable utile peut donc tenir sur une page : les usages, les décisions de documentation, les responsabilités et les points à revoir. Il donne à la clinique un moyen concret de discuter de son fonctionnement avec ses médecins, ses responsables de la protection des renseignements et ses fournisseurs.

Teché accompagne les équipes dans l’analyse de leurs processus et la formation pratique. Pour clarifier ces étapes dans votre clinique, discutons de votre besoin de formation et d’organisation.

Repères sur la tenue des dossiers, le choix des outils et les scribes IA revérifiés le 30 octobre 2026. Ce texte porte sur l’organisation du travail à partir des indications professionnelles du CMQ; il ne remplace pas l’analyse médicale, juridique ou de protection des renseignements adaptée à votre milieu.

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